Après avoir mis le Vénézuela à genoux en janvier, Donald Trump, lauréat du Prix de la paix de la FIFA, tourne désormais son regard sur Cuba, l’éternelle épine dans le pied de l’impérialisme américain. Son moyen de choix ? Un blocus pétrolier contre la « menace extraordinaire » que serait Cuba, de pair avec un durcissement de toutes les sanctions. Le dernier tanker arrivé du Mexique, le principal fournisseur de pétrole de l’île, remonte au 9 janvier. Sans pétrole, l’approvisionnement de l’île en nourriture, médicaments etc. devient extrêmement difficile, et des coupures d’électricité de plus de 24 heures ne sont pas rares. Cuba se dirige tout droit vers une crise humanitaire.

Une série d’autres mesures criminelles, telles que les poursuites judiciaires hypocrites contre le leader révolutionnaire Raúl Castro aux États-Unis, la suspension des transactions par Visa et Mastercard, et d’autres, donne du poids aux menaces de Trump. Avec une arrogance crasse, il a annoncé le 16 mars : “Je pense que j’aurai l’honneur de conquérir Cuba.” En mai, il a envoyé un porte-avion, l’USS Nimitz, dans les Caraïbes. Les bandits américains sont fermement déterminés à porter le coup fatal à la Révolution et à rétablir le capitalisme à Cuba.

Pourquoi maintenant ?

La politique de Trump et sa bande de Cubains réactionnaires en exil est la suite logique des méthodes mafieuses par lesquelles les Yankees tentent d’étrangler la Révolution depuis 1961. Le vrai problème des impérialistes américains, c’est que le capitalisme a été aboli à Cuba après la victoire de de celle-ci. Dans les années 60, Fidel Castro et le gouvernement révolutionnaire ont expulsé les impérialistes, et commencé à mettre en place une économie planifiée. Les exploiteurs ne pouvaient pas tolérer l’existence d’un tel modèle pour les opprimés.

Aujourd’hui, le déclin relatif de l’impérialisme américain a modifié le rapport de force à l’échelle mondiale : les États-Unis doivent se replier sur les piliers essentiels de leur domination. Le gouvernement Trump en tire la conclusion logique et cherche à rétablir la domination américaine en Amérique latine. Nous avons vu l’application de cette doctrine au Vénézuela, et nous le voyons maintenant dans toute l’Amérique latine. Par ailleurs, après le fiasco en Iran, Trump a désespérément besoin d’un succès. Ce n’est donc pas un hasard s’il salive à l’idée d’étrangler la Révolution cubaine. Or après 65 ans d’embargo étatsunien et d’interventions diverses du pirate américain, Cuba se retrouve isolée malgré sa résistance héroïque, et par là même extrêmement affaiblie. 

Une défaite de Cuba serait une défaite pour nous

Nous, communistes, défendons inconditionnellement la Révolution cubaine contre les attaques impérialistes ! Ce n’est que grâce à la planification de l’économie que Cuba a pu conquérir sa souveraineté – et par là une multitude d’acquis sociaux. Grâce à son système de santé gratuit et à la plus forte densité de médecins au monde, l’espérance de vie y était, encore en 2025, plus élevée qu’aux États-Unis. Ces conquêtes ont survécu aux embargos, bien que très amoindries. Sans la Révolution, l’île serait aujourd’hui encore le bordel des É.-U., comme à l’époque du dictateur Batista. Car la bourgeoisie américaine n’a pas changé, sans scrupule aujourd’hui comme hier, elle opprime toujours et saigne à blanc les travailleurs pour ses profits et ses odieux abus impérialistes.

Ces conquêtes sont la preuve vivante d’une alternative au capitalisme. Une restauration du capitalisme conduirait nécessairement à un désastre pour la classe ouvrière à Cuba, peu importe qu’elle soit implémentée par la marine américaine ou par des concessions de la bureaucratie. Car une chose est claire : la mort de la Révolution réduirait à néant tous ses progrès et rejetterait Cuba au rang de semi-colonie des É.-U. La pauvreté et les inégalités augmenteraient plus fortement encore. Et ce serait une lourde défaite morale pour les opprimés de ce monde que la Révolution cubaine a inspiré à lutter.

Seule la classe ouvrière mondiale peut sauver Cuba !

Tout véritable révolutionnaire a pour devoir de défendre inconditionnellement la Révolution cubaine contre les impérialistes. L’isolement de la Révolution sur une seule île la livre aux sanctions du colosse au nord – et nourrit du même coup le cancer du bureaucratisme. Seule une extension de la Révolution peut libérer Cuba. La classe ouvrière mondiale est la seule force dont c’est l’intérêt et qui dispose des moyens nécessaires pour briser l’embargo : la classe ouvrière mexicaine peut forcer son gouvernement à livrer à nouveau du pétrole. Et la classe ouvrière peut étendre la Révolution au monde entier. Aucune réforme pro-capitaliste, ni « allié » égoïste (les rivaux impérialistes des É.-U.) ne sauvera Cuba. Les révolutionnaires cubains et la résilience de la classe ouvrière cubaine ont prouvé qu’un monde meilleur est possible. Montrons-leur aujourd’hui qu’ils ne sont pas seuls !


Attention : la restauration du capitalisme a-t-elle été adoptée ?

Sous la pression de l’impérialisme américain, l’Assemblée nationale cubaine a adopté le 18 juin une série de réformes économiques. La situation est critique : si elles venaient à être mises en œuvre, elles signifieraient la fin de l’économie planifiée et la restauration du capitalisme. Ce serait un pas décisif dans la destruction des acquis de la Révolution, y compris de la souveraineté nationale. Pour que la Révolution puisse survivre, il faut une politique de contrôle ouvrier démocratique, et d’internationalisme pour rompre avec l’isolement de Cuba.

Pour une analyse détaillée : https://marxist.com/faced-with-unbearable-imperialist-pressure-cuba-moves-towards-capitalist-restoration.htm