Les dossiers Epstein prouvent une chose : nous avons contre nous une classe consciente de ses intérêts, qui les fait respecter avec la plus grande brutalité. Leur pouvoir couvre le monde entier. Ils jouent avec le sort de l’humanité. Ils ne sèment qu’oppression et misère, guerre, mort et destruction. C’est pourquoi la classe Epstein doit être renversée.
Cette même classe qui tisse des réseaux de trafic sexuel et de pédophilie est la seule responsable des guerres et de l’impérialisme. Avec la fin de « l’ordre mondial fondé sur des règles », ils flairent l’opportunité de se repartager le monde entre eux. Qu’il s’agisse d’une intervention au Venezuela, à Cuba ou en Iran, l’appétit des capitalistes pour les zones d’influence, les matières premières et les opportunités d’investissement se cache toujours derrière. Chaque impérialiste veut monter les échelons de la chaîne alimentaire, aux dépens de ses concurrents – et de la souffrance de millions de personnes.
Les derniers jours et mois ont déjà prouvé que le « nouvel ordre multipolaire » ne sera pas plus paisible. La classe dominante nous prépare un avenir plein de guerres et de conflits.
Le dernier chapitre en date : l’attaque américaine et israélienne contre l’Iran, qui a entraîné tout le Proche-Orient dans une escalade impérialiste. Ivre de victoire, Trump pensait pouvoir mettre l’Iran à genoux comme le Venezuela. Cette surestimation de ses capacités s’est retournée contre lui : l’Iran n’est pas le Venezuela. Il dispose des moyens de se défendre. Cela a des conséquences bien plus importantes, tant pour la région que pour l’économie mondiale. Si la guerre et la fermeture du détroit d’Ormuz se prolongent, Trump risque de précipiter l’ensemble de l’économie mondiale dans l’abîme.
Que ce soit Trump et son soi-disant « Conseil de la Paix » pour la Palestine, ou les Européens et leurs manœuvres honteuses pour prolonger la guerre en Ukraine au prix d’un massacre, ceux qui sont au pouvoir sont incapables de résoudre le moindre conflit. Quoi qu’ils fassent, le résultat est davantage d’instabilité, de guerres et de soldats et civils tués.
Faire juste confiance à telle ou telle frange de la classe dirigeante ne résoudra rien. Ni l’impérialisme européen ni la « neutralité » suisse ne sont là pour la paix. Les Européens participent militairement aux côtés des États-Unis et d’Israël à la guerre contre l’Iran. La Suisse officielle « appelle toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue possible ». Tous deux n’ont rien d’autre à cœur que leurs profits.
Le seul chemin hors de cette barbarie est une révolution internationale de la classe ouvrière.
Sur les 80 dernières années, le règne de la bourgeoisie a été relativement stable car il amenait un progrès économique. Cela garantissait à la classe ouvrière – en Occident – une certaine stabilité. Cette période est aujourd’hui terminée.
L’ascension sociale d’Epstein est révélatrice du caractère de l’ensemble de la classe dominante. Le point commun de toutes les activités par lesquelles ils accumulent leur richesse, c’est qu’elles sont absolument dépourvues d’utilité sociale. Leurs journées sont faites de spéculation financière, d’évasion fiscale, de corruption et de délits d’initiés, voire simplement de vol et d’extorsion. Aujourd’hui, l’économie entière tourne autour de ce parasitisme. 92 % de la croissance américaine au premier semestre de l’année dernière provenait de la bulle spéculative dans le secteur de l’IA. Tout ce qui sépare la situation actuelle du prochain effondrement économique généralisé est l’éclatement de cette bulle. La classe dominante est seule responsable de cette situation. Depuis 2008, elle repousse grâce à un endettement massif les faillites et les conséquences sociales qui en découlent. Aujourd’hui l’ampleur vertigineuse de ces montagnes de dettes empêche de stabiliser la prochaine crise avec encore plus de dettes.
Le seul levier qui leur reste est d’attaquer massivement la classe ouvrière : les politiques d’austérité les plus sévères couplées à la désindustrialisation et la destruction de centaines de milliers d’emplois. Devant nous se dresse une période où des couches toujours plus larges de la classe ouvrière n’auront plus la garantie d’une vie stable et civilisée.
Cette rupture arrive à un moment où la répartition des richesses est déjà extrêmement polarisée. Les riches n’avaient plus été si riches et les pauvres si pauvres depuis la première guerre mondiale. Aux USA, les 1 % les plus riches possèdent 32 % des richesses. Les 50 % les plus pauvres se partagent un maigre 2,5 %. Les e-mails d’Epstein révèlent que l’énorme richesse des uns et la pauvreté des autres sont la base immédiate du pouvoir, des abus et de l’impunité de la classe dirigeante. Mais c’est aussi la base d’une colère qui grandit rapidement, et d’un profond changement dans les consciences.
La publication des dossiers Epstein est à la fois un résultat, un indicateur et un catalyseur extrême d’une perte de confiance massive dans les institutions et les idées bourgeoises. De récents sondages montrent que leur publication a « affaibli la confiance dans les dirigeants politiques et économiques du pays » auprès de 77 % des Américains. Cela s’ajoute à la méfiance déjà existante.
Ce que beaucoup ressentent au quotidien est confirmé noir sur blanc : la société est dominée par une classe dont le mode de vie dégénéré repose sur la soumission violente et l’exploitation des opprimés. En premier lieu, celle des couches vulnérables, comme les jeunes femmes. Mais cela s’applique à l’ensemble de la classe ouvrière : la classe dirigeante vit aux dépens de nous tous.
Il est exclu que les institutions en place – quelques lois ou tribunaux – puissent un jour demander des comptes à cette classe. Les médias, les tribunaux et les services secrets sont non seulement aux mains de leurs amis, mais également utilisés pour protéger activement leurs privilèges contre nous ! Aucune réforme légale, aucune nouvelle élection ou meilleure réglementation ne peut changer cela.
Cela signifie qu’aucun compromis n’est possible avec la classe Epstein. Une règle s’applique : eux contre nous – et nous contre eux ! Cette classe toute entière doit être renversée. Elle doit être expropriée et ses richesses utilisées pour le bien commun sous le contrôle de la classe ouvrière.
Dans leur arrogance sans limite, ils ont créé leurs propres fossoyeurs ! Une ère de lutte de classes héroïque s’ouvre devant nous. La vague des révolutions « Gen-Z » a balayé le monde, de l’Indonésie au Népal, de Madagascar au Maroc. La misère et le manque de perspectives d’avenir pour toute une génération sont un terrain fertile. Mais l’élément déclencheur a été la décadence de la classe dominante. Ce qui commence avec les « Nepo Babies » finit avec la chute du gouvernement.
La vague de luttes de masse a déferlé jusqu’aux pays capitalistes développés. Le retour de la lutte des classes au grand jour n’est plus une perspective future, nous vivons déjà dedans. L’année dernière, des grèves générales ont eu lieu en Serbie, en Grèce, au Portugal, en Belgique, en France et en Italie.
Le point culminant de cette vague a été le soulèvement de la population du Minnesota contre ICE. Un vrai soulèvement de masse a eu lieu dans le pays impérialiste le plus puissant. Des travailleurs ordinaires ont organisé la lutte pour protéger leurs voisins et collègues migrants contre la répression armée de l’État. Et ils ont gagné – Trump a été forcé de battre en retraite ! Il n’y a pas de démonstration plus puissante d’où se situe déjà la conscience de la classe ouvrière américaine, et de la rapidité avec laquelle elle peut se transformer – malgré toutes ses contradictions – en une lutte coordonnée pour des intérêts communs et contre des ennemis communs.
Le système tout entier est dans une impasse inextricable. Ici commence la période la plus turbulente de l’histoire de l’humanité. Le renversement de la classe exploiteuse est depuis longtemps une nécessité inéluctable. Mais dans les conditions actuelles, cela devient de plus en plus vraisemblable, car c’est de plus en plus clairement la seule solution.
Pour garantir que cela se produise, nous devons défendre cette seule solution avec combativité. Pas individuellement, mais comme force organisée, en tant que parti révolutionnaire. Nous offrirons ainsi la contribution décisive qui fera du renversement de tous les Epstein et va-t-en-guerre de ce monde une réalité.
International — de Caspar Oertli, Berne — 05. 03. 2026
Suisse — de Michi Wepf, Bale — 05. 03. 2026
International — de Alan Woods — 01. 03. 2026
International — de Jules Legendre — 27. 02. 2026
Luttes de Libération — de Adela K., ICR France — 25. 02. 2026