« Un spectre hante l’Europe : celui du communisme ». L’Europe est secouée par une vague de révoltes de la Génération Z, de grèves générales et de mouvements de masse.

En France, tout a commencé dans un lycée de la banlieue parisienne. Moins d’un mois plus tard, jusqu’à un million de manifestants sont descendus à plusieurs reprises dans la rue, et ni la répression policière brutale, ni les concessions, n’ont pu briser la combativité du mouvement.

En Espagne, une expulsion de logement a donné lieu à un mouvement de masse qui, en seulement dix jours, a forcé la dissolution du Parlement et poussé les syndicats à appeler à une grève générale.

En Italie, des manifestations spontanées de jeunes dans toutes les villes sèment la terreur chez la classe dirigeante. Le sud du pays est paralysé par des blocages contre la hausse du prix de l’essence et un appel à la grève générale en faveur de la Palestine a servi de répétition générale pour la grève générale du plus grand syndicat.

En Allemagne, la jeunesse se mobilise contre la guerre, le réarmement et la conscription, avec des slogans imprégnés de conscience de classe tels que « Les riches veulent la guerre – nous, un avenir ! ». À cela s’ajoutent des mouvements de masse et des manifestations en Belgique, au Portugal, aux Pays-Bas, en Albanie et en Serbie.

Partout, c’est l’entrée en scène courageuse de la jeunesse qui a été déterminante. L’esprit révolutionnaire y brûle avec ardeur.  Lors des manifestations en France, les références aux révolutions sont omniprésentes – de 1793 à Mai 68, sans oublier les récentes révolutions de la Génération Z.

Ce qui se profile en Europe, c’est un processus révolutionnaire. Et celui-ci prouve à lui seul son caractère fondamentalement internationaliste. 

Un «automne chaud» à l’échelle européenne

Les mêmes conditions engendrent la même colère. C’est pourquoi la vague de manifestations s’est propagée comme une traînée de poudre. Les coupes budgétaires dans l’éducation, le coût du logement, l’inflation et la crise du coût de la vie poussent les familles ouvrières de toute l’Europe au désespoir. À cela s’ajoutent, en particulier chez les jeunes, l’expérience du militarisme et du réarmement, le génocide à Gaza et la question climatique, ainsi que la haine contre le racisme, et la volonté de lutter contre la droite et les populistes de droite. C’est un mélange explosif.

C’est pourquoi les dirigeants sont à court d’options : le seul effet de la brutale répression policière est la propagation des mouvements. Interdictions de manifestation, justice expéditive draconienne, campagnes de diffamations médiatiques incessantes : rien ne fonctionne. Tout cela ne fait que révéler aux yeux de toute une génération que ces instruments ne sont que des armes de la bourgeoisie. À l’heure où nous mettons sous presse, le mouvement n’a pas encore atteint son apogée. La colère accumulée contre les régimes est énorme.

L’Europe, le maillon faible de la chaîne

Dans notre dernier numéro, nous avions titré : « La fin de l’Europe telle que nous la connaissons ». Le « vieux » continent est aujourd’hui pris en étau entre les grands blocs impérialistes. C’est pourquoi toutes les contradictions du capitalisme s’y manifestent avec une acuité particulière. Dans ce qui est censé être le berceau du libéralisme, de l’industrialisation et de la science, la dégénérescence sénile du système est la plus avancée et la classe capitaliste est devenue la plus parasitaire. Le capitalisme européen est dans une impasse. Il n’y a pas d’autre issue que la barbarie croissante.

Nous avions prédit que cette situation constituait un terreau fertile pour une lutte des classes massive. Il était évident que la vague de révolutions de la Génération Z allait se propager des pays moins développés vers les centres impérialistes. Quelle était la base de ces soulèvements de masse, du Sri Lanka au Bangladesh en passant par Madagascar ? Une jeunesse pour qui le statu quo semble plus dangereux qu’une attaque frontale contre les puissants.

En Europe aussi, la jeunesse prend de plus en plus conscience qu’elle n’a que deux options : soit accepter des conditions de vie de plus en plus étouffantes, soit la révolution. Ce n’est pas un hasard si le cri de ralliement de Rosa Luxemburg a retenti lors des manifestations à Madrid : « Le socialisme ou la barbarie ! »

Quelle est la nature de la période actuelle ?

En premier lieu, les mouvements de masse en Europe réfutent en pratique le pessimisme totalement erroné de la gauche. Nous ne vivons pas une « période réactionnaire », mais une période où une colère immense se répand dans de larges couches de la société, contre les gouvernements et leurs échecs, contre les inégalités, contre les élites déconnectées de la réalité et l’ensemble de leur politique. Cette colère trouve des expressions politiques diverses et contradictoires.

Le PCR, aux côtés de l’Internationale Communiste Révolutionnaire, lutte depuis des années contre cette fausse perspective au sein de la gauche, qui considère le glissement vers la droite et la « fascisation de la société » comme la tendance centrale de l’époque. Ils ne considèrent que les manifestations superficielles : la montée des populistes de droite, la propagande raciste et le militarisme. Ils en concluent que nous vivons une ère de réaction, que le fascisme est imminent, que la classe ouvrière vire à droite et devient de plus en plus passive, arriérée et raciste.

Nous sommes les seuls à défendre que sous la surface, une colère immense s’accumule. La crise et les attaques du capital conduisent à une forte radicalisation. Si, à gauche, personne ne s’oppose à la politique brutale de la bourgeoise avec un programme de classe combatif et une attitude courageuse, alors oui, les forces bourgeoises pourront canaliser une partie de cette colère vers la droite par le biais de la guerre culturelle, de la division et du racisme.

Chez les jeunes, ces idées réactionnaires trouvent cependant peu d’écho. Chez eux la conscience générale bascule massivement vers la gauche, voire vers le communisme. En Espagne, la jeunesse, radicalisée à gauche, a remis à l’ordre du jour les méthodes de la lutte des classes et a donné à la gauche une leçon sur la manière de combattre efficacement la droite. Seule une lutte des classes offensive permet de briser les absurdités paralysantes de la « lutte culturelle ».

Le mouvement a formulé un programme de classe radical sur la question du logement. Ses revendications sont les suivantes : nationalisation des fonds immobiliers, baux à durée indéterminée et baisse de 50 % de tous les loyers. Et une grève générale pour y parvenir. Cette approche suscite un écho enthousiaste au sein d’une grande partie de la classe ouvrière. Les sondages montrent que 83 % de la population soutient ces revendications (très radicales !) en totalité ou en partie. Même parmi les électeurs de la droite, du PP et du parti d’extrême droite Vox, cela représente encore une majorité de 65 % !

Cette lutte prouve concrètement à quel point les idées des racistes et des populistes de droite sont peu ancrées dans la population. Lorsque s’imposent des revendications qui montrent à la classe ouvrière la véritable fracture de la société (la ligne de classe !), les clivages sont rapidement surmontés et de larges couches de la population se joignent à la lutte.

La question de la direction

C’est précisément la détermination inébranlable de la jeunesse qui inspire la classe ouvrière. C’est uniquement ainsi qu’a pu s’exercer la pression qui a contraint les syndicats en France, en Espagne et en Italie à proclamer des grèves générales. Ils ne l’ont en aucun cas fait de leur plein gré. Cela montre que la bureaucratie syndicale ne constitue qu’un frein relatif. S’ils veulent rester pertinents, ils doivent proposer quelque chose.

En Mai 68, après la répression policière contre les étudiants, les directions syndicales avaient appelé à une grève générale explicitement limitée à une journée. Mais les travailleurs ont continué à faire grève le lendemain. Il en a résulté un mouvement révolutionnaire marqué par des occupations d’usines et la lutte pour le pouvoir

Ceci-dit, Mai 68 nous enseigne une deuxième leçon : les limites de la spontanéité. Si la direction n’est pas prête à faire ce qu’exige la situation – ce qui dans une situation révolutionnaire signifie prendre le pouvoir et lancer la révolution socialiste –, le mouvement finit inévitablement par se décourager et perdre. Lors des élections qui ont suivi Mai 68 en France, c’est De Gaulle qui a remporté la victoire, et non la gauche, car les communistes et les sociaux-démocrates n’étaient pas prêts à aller jusqu’au bout.

Dans la situation actuelle, il ne suffit pas de se contenter de proclamer une grève générale. Les dirigeants devraient préparer honnêtement la classe ouvrière à ses tâches et expliquer ce qu’il faut pour réellement mettre en œuvre les revendications. Aucun gouvernement bourgeois n’est prêt à rompre résolument avec les marchés financiers (en France) ou à exproprier les grandes sociétés immobilières (en Espagne). Seul un gouvernement ouvrier, libre de toute influence des intérêts du capital, mobilisera systématiquement les ressources nécessaires. Pour cela, il ne suffit pas d’exproprier les banques et les grands groupes ni d’annuler la dette publique. L’ensemble de l’économie doit être réorganisé sous le contrôle de la classe ouvrière. C’est la seule façon de garantir que les ressources sociales soient utilisées pour satisfaire les besoins de la majorité et non dans l’intérêt d’une poignée de parasites.

Telle est la tâche de notre époque. C’est à notre génération qu’il incombe de la mener à bien ! La clé réside dans la construction d’une direction révolutionnaire.

Les conditions sont aujourd’hui optimales pour cela. La question de savoir comment les révolutions aboutissent préoccupe la Génération Z à l’échelle mondiale. Elle s’appuie sur sa propre expérience dans les rues d’Europe, mais aussi sur son observation des événements révolutionnaires au Sri Lanka, au Bangladesh et au Népal. Elle constate que des gouvernements sont renversés par de puissants mouvements de masse, mais qu’ils sont remplacés par de nouveaux gouvernements dont la politique est tout autant dictée par les marchés.

Elle fait l’expérience que ces mouvements connaissent des hauts et des bas et que les révolutions ne se jouent pas en un seul acte. Et elle apprend que nous pouvons persévérer, particulièrement dans les phases de recul, qu’en nous organisant. À cela, nous répondons : Oui, tout à fait, et cela doit être fait sur la base d’un programme capable de vaincre, celui du communisme. 

Nous n’avons plus l’éternité devant nous !

Tout ce matériel hautement inflammable qui s’embrase en Europe s’accumule également en Suisse. Le processus est moins avancé, mais il s’accélère de plus en plus. Il ne fait aucun doute qu’ici aussi des événements explosifs seront bientôt à l’ordre du jour. Le PCR mène une course contre la montre pour mettre en place cette direction qui fait défaut avant que l’incendie ne se déclare. Aide-nous dans cette tâche et organise dès maintenant les communistes de ton entourage au sein du PCR.


L’Europe est en feu : le communisme a besoin de toi !

Les mouvements de la Génération Z en Europe sont une fenêtre sur l’avenir de la Suisse – et cet avenir pourrait arriver plus tôt que tu ne le penses. C’est à cela que nous nous préparons au sein du PCR.

Lorsque les mouvements de masse arriveront en Suisse, nous ne voulons pas nous contenter de suivre le mouvement. Nous devons y intervenir avec un programme révolutionnaire, lui donner une perspective politique et contribuer décisivement à ce qu’il remporte la lutte contre le capitalisme.

Pour cela, nous avons besoin de toi. Mais qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Faire partie d’une Internationale

Les mouvements de masse se propagent dans toute l’Europe. Des conditions similaires engendrent des évolutions similaires. De plus en plus de personnes comprennent que les problèmes de notre époque ne peuvent être résolus à l’intérieur des frontières d’un seul pays.

En étant membre du PCR, tu fais donc aussi partie de l’Internationale communiste révolutionnaire (ICR). Nous luttons sur tous les continents pour la révolution communiste. Nous disposons des analyses concrètes des communistes de France, d’Espagne, du Brésil ou des États-Unis. Nous apprenons comment les communistes d’autres pays, où il existe déjà de grands mouvements de masse, tissent des liens avec la jeunesse et les travailleurs. L’ICR est un trésor irremplaçable d’expériences, d’idées et d’organisation !

Théorie révolutionnaire

En France, un nouveau Mai 68 se profile peut-être à l’horizon. Mais pourquoi le mouvement de l’époque n’a-t-il pas réussi à renverser le capitalisme ? Ce fut la plus grande grève de l’histoire. Ce qui manquait, c’était une direction révolutionnaire capable d’indiquer les prochaines étapes et de rallier la classe ouvrière à la cause du renversement du capitalisme. Un tel parti doit être composé de communistes formés, car une révolution soulève des questions fondamentales : quelle est la mission historique de la classe ouvrière ? Par quoi le gouvernement renversé doit-il être remplacé ? À quoi ressemblera le communisme ?

C’est pourquoi nous devons nous approprier les expériences historiques de la classe ouvrière et la théorie marxiste. Nous devons comprendre comment nous pouvons gagner. Tu n’as pas besoin de connaissances théoriques préalables pour nous rejoindre. L’essentiel est d’être prêt à t’imprégner des idées communistes – avec ton groupe local, à travers des discussions, des podcasts, des lectures et des événements.

Le journal Le Communiste

Les médias bourgeois parlent des révolutions de la Génération Z avec arrogance (« la jeunesse française violente »). Pas étonnant : ils n’ont aucun intérêt à ce que la jeunesse aussi en Suisse entre en lutte. Cela signifie que nous avons besoin de notre propre journal révolutionnaire.

Le Communiste propose des analyses et des réponses aux évolutions actuelles, à la théorie et à la culture. Grâce à ce journal, tu peux t’imprégner des positions communistes et les diffuser autour de toi : dans ton école, sur ton lieu de travail, lors de manifestations et dans les luttes politiques. Imagine qu’il y ait aujourd’hui un communiste dans chaque école, muni d’un journal et des enseignements tirés des mouvements de la Génération Z. Quelle différence cela ferait pour les débats et la conscience politique au sein de l’ école !

Construire le parti

La théorie seule ne suffit pas. Nous devons diffuser nos idées à l’extérieur et rallier d’autres personnes au communisme.  C’est ainsi que nous construisons aujourd’hui les fondations d’un parti communiste de masse, indispensable à la révolution. Pour cela, chaque jour, nous entrons en contact avec des jeunes dans la rue, nous nous présentons ouvertement  comme communistes lors de chaque manifestation pour expliquer en quoi l’objectif de la manifestation est lié à la lutte contre le capitalisme et pourquoi nous avons besoin d’une alternative révolutionnaire.

C’est maintenant qu’il faut agir !

La jeunesse française n’attend pas les prochaines élections présidentielles ni que d’autres résolvent ses problèmes. Toi non plus, tu ne devrais pas attendre. Personne ne se chargera de cette tâche à notre place. Le PCR est la seule force en Suisse qui se consacre sans relâche à la construction d’une direction communiste révolutionnaire. Notre capacité à mener à bien cette tâche dépend aussi de toi.

Aide-nous à construire un parti révolutionnaire. Deviens actif et rejoins le PCR !