En Syrie, un massacre se prépare contre le Rojava et contre les Kurdes. Le régime islamiste dirigé par Ahmed al-Charaa, soutenu par l’Occident, a lancé une offensive dans le nord-est du pays. La place forte kurde de Kobané, à la frontière nord avec la Turquie, est encerclée. C’est un cauchemar qui rappelle la terreur semée par Daech il y a dix ans.

Lorsque le président syrien Assad a été renversé fin 2024 par Hayat Tahrir al-Cham (HTS), les impérialistes occidentaux ont soutenu le nouveau régime dirigé par un ancien commandant d’Al-Qaïda et de l’État islamique, Ahmed al-Charaa, qu’ils ont présenté comme une figure de proue de la « démocratie syrienne ». C’était évidemment un mensonge. Une fois Assad – et avec lui la Russie et l’Iran – écarté, leur objectif réel était de s’implanter dans un État clé du Moyen-Orient afin d’y défendre leurs propres intérêts impérialistes. Le prix à payer ? Plonger la Syrie dans une nouvelle guerre civile et sacrifier les Kurdes.

Il n’est donc pas surprenant que les Forces démocratiques syriennes (FDS) aient été abandonnées par leur ancien « allié », l’impérialisme américain. Selon Washington, la nécessité de l’existence des FDS – et donc de la présence militaire américaine en Syrie – aurait « disparu ». Les combattants kurdes, colonne vertébrale des FDS dans la lutte contre Daech – un monstre de Frankenstein créé par l’impérialisme américain lui-même – sont ainsi sacrifiés. Les États-Unis s’appuient désormais sur… un ancien chef de l’État islamique !

La décision de Trump doit être comprise à la lumière du dernier document sur la stratégie de sécurité nationale, qui montre clairement que le Moyen-Orient n’est plus une priorité pour l’impérialisme américain. Les acteurs régionaux qui cherchent à combler le vide ainsi créé l’ont bien compris et instrumentalisent les divisions confessionnelles attisées par les interventions américaines. La Turquie en fait partie. C’est grâce au soutien d’Erdoğan que HTS a pu accéder au pouvoir et instaurer un régime islamiste fondamentaliste. Pour le régime turc, il s’agissait avant tout d’une occasion d’anéantir et de désarmer les Kurdes.

Nous sommes aux côtés des Kurdes dans leur lutte pour l’autodétermination nationale. Mais la stratégie suivie jusqu’ici par leur direction a échoué : tenter de garantir l’autonomie en se subordonnant à l’impérialisme américain et en concluant des accords purement militaires avec des chefs tribaux réactionnaires. Dans la même logique, le printemps dernier, le dirigeant emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan, a annoncé la dissolution du PKK et le dépôt des armes. Sans entrer ici dans tous les problèmes politiques et l’évolution du PKK, il est clair que la confiance accordée par Öcalan à Erdoğan, dans l’espoir que celui-ci permettrait aux Kurdes de poursuivre leurs objectifs par des moyens « démocratiques », se révèle aujourd’hui être une erreur catastrophique.

La seule voie possible est la lutte généralisée contre le capitalisme et l’impérialisme en tant que tels : c’est la seule perspective capable de mobiliser réellement les masses.

La tâche de la classe ouvrière et de la jeunesse en Europe est de mettre un coup d’arrêt à la politique criminelle de nos gouvernements : à leur division raciste et à leur soutien au régime de Jolani.