Publié initialement en italien le 11 septembre 2025 sur rivoluzione.red

Gaza est devenu un camp de concentration à ciel ouvert. Le gouvernement sioniste instrumentalise la détresse humanitaire comme une arme, condamnant des centaines de milliers de personnes à la misère et à la faim. Pendant ce temps, le siège, les bombardements et le blocus de l’aide se poursuivent sans relâche.

Partout dans le monde, des millions de personnes se mobilisent pour la Palestine, révoltées par les crimes de l’armée israélienne ainsi que par le soutien qu’Israël reçoit de la part des gouvernements, des grandes entreprises, des médias et de l’ensemble de l’establishment. Chacun peut voir clairement qui est l’oppresseur et qui est l’opprimé.

La flottille et la solidarité des dockers

Au départ, les manifestations pro-Palestine après l’attaque d’Israël contre Gaza n’ont pas donné naissance à un mouvement de masse. Les protestations étudiantes, inspirées par les mobilisations aux États-Unis l’an dernier, ont trouvé un écho en Italie mais sont restées limitées, malgré la large sympathie envers la cause palestinienne.

Depuis, aucune mobilisation d’ampleur n’a eu lieu. Pourtant, mois après mois, le dégoût et la colère face au génocide n’ont cessé de grandir. L’opposition au massacre s’est exprimée de plus en plus souvent, dans tous les secteurs de la société : écoles, universités, mais aussi dans le sport, le cinéma – comme lors du récent festival de Venise – et sur les réseaux sociaux. Le drapeau palestinien flotte dans toutes les manifestations, et il est accroché à de nombreux balcons. La tension sociale ne pouvait qu’exploser tôt ou tard.

Le tournant a eu lieu avec la manifestation du 30 août à Gênes, où 50 000 personnes sont descendues dans la rue pour soutenir le convoi de 50 bateaux en route vers Gaza afin de briser le blocus : la Flottille mondiale Sumud.
Lors de cette même manifestation, un collectif de dockers génois a déclaré que toute attaque contre la Flottille devait entraîner un blocage des ports à l’échelle européenne. Le syndicat CGIL de Gênes a ajouté qu’en cas d’agression, il était prêt à appeler à une grève générale dans la ville. Cela montre la pression qui pèse sur les dirigeants syndicaux, poussés par leur base.

Les manifestations se sont ensuite étendues à tout le pays, avec une deuxième vague après l’attaque de drones contre la flottille au large de la Tunisie. Le message était clair : « assez de paroles creuses, il faut passer à l’action ». Les discours creux au parlement ne servent qu’à la mise en scène ; l’indignation et les symboles ne suffisent pas — il faut des réponses concrètes.

À bas les sionistes !

Nous devons commencer par une évaluation concrète de la situation : le gouvernement israélien poursuit un plan systématique visant à occuper l’ensemble du territoire palestinien. Cet objectif est partagé par toute la classe dirigeante sioniste. Après deux années de guerre à Gaza, il est illusoire de croire qu’un simple appel à un cessez-le-feu ou à l’aide humanitaire suffirait. Il faut mener la lutte pour renverser Netanyahou et l’État sioniste d’Israël.

C’est au prolétariat du Proche-Orient d’assumer cette tâche, en commençant par les masses arabes, qui doivent aussi se dresser contre leurs propres régimes — des régimes qui ne lèvent pas le petit doigt contre ce génocide.

Seuls des moyens révolutionnaires peuvent instaurer la paix au Proche-Orient. La collectivisation des ressources et leur mise à disposition publique pour tous les peuples de la région permettraient une coexistence durable. C’est ainsi qu’on pourra dépasser les clivages religieux et ethniques délibérément attisés par l’impérialisme, des clivages conçus pour diviser et dominer les exploités.

L’ennemi à la maison

Mais ce qui se passe chez nous est tout aussi décisif. Israël ne peut agir que parce qu’il reçoit le soutien militaire, politique et économique de l’impérialisme américain et européen, qui y défend d’énormes intérêts. C’est pourquoi le combat doit commencer contre notre propre classe dirigeante.

L’Autorité nationale palestinienne, créée par les accords d’Oslo de 1993, n’a pas empêché Israël d’occuper, de coloniser et d’annexer des terres palestiniennes. La reconnaissance d’un État palestinien, comme l’ont promise Macron et d’autres et que promeut désormais Ursula von der Leyen, n’est donc pas une solution. Il ne s’agit pas d’obtenir une reconnaissance superficielle de la Palestine par nos gouvernements — qui ont tous du sang sur les mains —, mais de renverser dans leur ensemble les gouvernements qui soutiennent ce génocide.

Ils parlent de reconnaître la Palestine tout en armant l’armée israélienne. Nous rejetons cette hypocrisie répugnante, qui dissimule les véritables intérêts du système capitaliste et des entreprises qui tirent d’immenses profits sur le dos des masses.

Paralyser le pays pour arrêter la guerre 

Ce que redoutent avant tout les classes dirigeantes, c’est un soulèvement de masse, tant en Occident qu’au Proche-Orient. Elles savent que seule une mobilisation populaire à grande échelle peut véritablement mettre un terme à leur pillage.

Nous appelons au renversement des gouvernements qui soutiennent Israël, à la dénonciation des accords militaires avec cet État, à l’expropriation des entreprises dont les produits ou services alimentent le génocide, à la nationalisation de l’industrie d’armement sous contrôle des travailleurs et à sa reconversion au service des besoins sociaux, ainsi qu’à une réduction des dépenses militaires au profit de l’éducation et de la santé.

La seule issue se trouve dans la mobilisation internationale de la classe ouvrière, seule force capable d’immobiliser la machine militaire israélienne et le système qui la soutient.

Nous soutenons l’initiative visant à bloquer tous les ports d’Europe si le contact avec la Flottille venait à être rompu, ainsi que les actions des dockers qui ont empêché la livraison d’armes à Israël à Barcelone, Gênes et au Pirée.

C’est un point de départ à étendre à tous les ports. Pour durcir le rapport de forces, l’ensemble de la classe ouvrière doit entrer en action. Nous appelons les syndicats à organiser une grève générale contre le blocus de Gaza et contre nos gouvernements complices : « L’ennemi principal est dans notre pays. »