Avec leurs guerres, Trump et Netanyahu poussent le Moyen-Orient et l’économie mondiale vers l’abîme. Des millions de personnes se demandent : « comment est-il possible que la plus grande puissance militaire du monde soit dirigée par quelqu’un d’apparemment fou ? Et comment quelqu’un comme lui a-t-il pu être élu avec un large soutien ? »

Le populisme de droite et la guerre sont les deux thèmes les plus importants de ce 1er mai. Si nous voulons sauver la civilisation, nous devons combattre les Trump de ce monde : l’UDC, l’AfD, Le Pen et tous les populistes de droite. Pour cela, nous avons besoin des méthodes de la lutte de classe révolutionnaire. Il est grand temps d’apporter une réponse communiste !

Contre tout le capitalisme

Les guerres impérialistes croissantes sont le résultat de l’impasse du capitalisme. L’impérialisme américain est engagé dans un déclin historique. Des rivaux comme la Chine et la Russie montent en puissance et le défient. La concurrence pour les marchés, les matières premières et les zones d’influence s’intensifie rapidement. L’impérialisme américain tente de freiner son déclin par la violence. Cela conduit à davantage de guerres, davantage d’actions militaires désespérées comme en Iran et davantage d’instabilité à l’échelle mondiale. Frictions, guerres commerciales, guerres ouvertes : voilà la nouvelle normalité. Une période d’instabilité extrême se tient devant nous.

L’autre visage du déclin capitaliste est la guerre sociale sur le plan intérieur. Pour sauver ses profits, la classe dirigeante attaque sans scrupules la classe ouvrière depuis des décennies et détruit les conditions de vie et de travail de cette dernière. Cela provoque frustrations et colère immense dans la classe ouvrière. Les populistes de droite comme Trump exploitent cela cyniquement et attisent la haine contre les étrangers et les minorités.

Les va-t-en-guerre et les populistes de droite comme Trump sont l’expression la plus horrible de la profonde impasse du capitalisme. Mais les guerres et la détérioration des conditions de vie sont une politique de crise capitaliste nécessaire. Mener la guerre au Moyen-Orient est depuis longtemps dans l’intérêt commun de toute la classe dirigeante des États-Unis – qu’il s’agisse des Démocrates ou des Républicains. De même, tous les capitalistes et leurs partis ont besoin d’attaques contre la classe ouvrière.

La lutte contre le populisme de droite et la guerre ne peut triompher qu’en tant que lutte de classe contre l’ensemble du capitalisme et toute la classe dirigeante – qu’ils s’appellent Trump ou Biden, qu’il s’agisse de l’UDC ou du PLR. Nous avons besoin d’une révolution qui balaie toute cette classe Epstein en faillite. La classe ouvrière doit prendre elle-même le pouvoir.

Pas de place pour le pessimisme

Pour beaucoup, cela peut sembler irréaliste dans le contexte politique actuel. Mais celui qui regarde au-delà des apparences superficielles perd son pessimisme. Quinze années de crise permanente ont profondément changé la conscience de la classe ouvrière : mesures d’austérité, pandémie, guerres, inflation, génocide – tandis que la richesse de la classe Epstein explosait. Un énorme mécontentement s’accumule. Les élites déconnectées sont de plus en plus détestées ; c’est pourquoi le centre politique s’effondre dans le monde entier. Des parties croissantes de la classe ouvrière tiennent à juste titre les partis traditionnels responsables des conditions intenables. Une grave crise de confiance secoue toutes les institutions bourgeoises et la démocratie. La question sociale passe de plus en plus au premier plan.

Les populistes de droite récupèrent ce mécontentement. Ils dénoncent les problèmes sociaux et font les promesses démagogiques d’un retour au bon vieux temps. Cela explique la montée des Trump, AfD et UDC. Mais ce n’est pas simplement un « glissement à droite », comme le pensent la plupart des organisations de gauche. Ne voir que cet aspect de la crise est absolument unilatéral et faux. Une énorme polarisation politique est en train de se produire dans le monde entier.

Au même moment que Trump, Mamdani, un socialiste démocratique autoproclamé, a été élu maire de New York. La classe ouvrière de Minneapolis a organisé la première grève générale dans une ville américaine depuis 80 ans et a forcé la police des frontières de Trump à se retirer.

Ce balancement violent du pendule de gauche à droite – puis de nouveau en arrière ! – reflète la recherche de la classe ouvrière d’une issue à la crise. Elle lutte, elle vote et elle teste les politiciens qui paraissent incarner, même vaguement, une alternative.

Jamais il n’a été aussi évident que le problème réside dans l’ensemble du système. Jamais la soif d’une lutte résolue contre l’élite capitaliste – la classe Epstein – n’a été aussi grande. Mais pourquoi cette situation taillée sur mesure ne profite-t-elle pas à la gauche, mais surtout à la droite ?

L’échec du réformisme

Depuis 2008, il y a eu dans de nombreux pays d’énormes mouvements de masse. La classe ouvrière a à plusieurs reprises permis une ascension fulgurante de mouvements et partis de gauche. Bernie Sanders en est l’exemple aux Etats-Unis. Il s’est présenté pour la première fois aux élections en 2016. Il a dénoncé les riches, parlé d’une « révolution politique contre les milliardaires » et plaidé pour un « socialisme démocratique ». Des millions de travailleurs et de jeunes l’ont soutenu avec enthousiasme. Il aurait pu expliquer devant un public de masse : « Les Républicains et les Démocrates sont tous deux des partis capitalistes. Construisons enfin un parti de masse de la classe ouvrière qui défende de manière conséquente les intérêts des travailleurs contre les capitalistes ! »

Au lieu de cela, il a cédé et a soutenu avec les démocrates une aile du capital américain. Parce que Sanders s’est enchaîné à l’establishment, ce fut au final un démagogue de droite – Trump – qui put profiter du mécontentement contre les élites.

Un sort similaire s’est abattu sur tous les mouvements de gauche des années 2010 : d’immenses espoirs d’améliorations se sont soldés par une énorme déception. Ce n’est pas une question de personnalité, mais de méthode : la subordination de Sanders aux démocrates est le produit de la recherche éternelle par les réformistes de solutions à l’intérieur du capitalisme et de ses institutions. Ainsi, la classe ouvrière est sacrifiée sur l’autel du profit et livrée aux démagogues de droite.

La montée de la droite est le prix que nous payons pour cette gauche qui n’est pas prête à rompre avec les capitalistes. Mais elle semble n’avoir rien appris de ses erreurs. À présent, après la montée du populisme de droite, elle mise à nouveau sur la politique du moindre mal : aux États-Unis, la gauche défend l’alliance avec les Démocrates, en Allemagne, le cordon sanitaire avec la CDU contre l’AfD, en Suisse, l’alliance allant d’Économiesuisse jusqu’au Centre contre l’initiative « extrême » de l’UDC.

Au lieu de mener une lutte de classe impitoyable contre les exploiteurs, la gauche s’enchaîne aux défenseurs du statu quo et aux principaux responsables de la crise. Cette alliance impie rend la gauche identique aux bourgeois aux yeux de millions de travailleurs – et par conséquent détestée ! Cela renforce les populistes de droite menteurs dans leur pseudo-opposition.

Potentiel pour la lutte de classe

Cependant, ce n’est qu’une étape dans la recherche de la classe ouvrière d’une véritable issue à la crise capitaliste. Les populistes de droite ont promis de résoudre les problèmes quotidiens des travailleurs. Mais en tant que défenseurs du capitalisme, ils ne peuvent pas tenir ces promesses et décevront nécessairement ces espoirs. La crise dans le mouvement MAGA ou le rejet enthousiaste d’Orbán le montrent : les populistes de droite n’ont rien à offrir à la classe ouvrière. Elle se détournera donc d’eux, tôt ou tard, déçue. Et la recherche d’une véritable issue continue.

L’énorme colère dans la classe ouvrière continue de croître – aussi bien chez ceux qui ont des illusions dans les populistes de droite que chez beaucoup d’autres. Il existe un immense potentiel pour une véritable offensive de la classe ouvrière.

Mais pour cela, il faut un programme de lutte de classe qui prenne en compte les problèmes réels des travailleurs ainsi que leur mécontentement véritable et qui dirige celui-ci frontalement contre les capitalistes et leur système. Les entreprises et les banques doivent être expropriées, les capitalistes doivent être dépossédés de leur pouvoir. Un tel programme susciterait aujourd’hui un grand enthousiasme dans la classe ouvrière. Seule une lutte de classe offensive peut trancher à travers la polarisation actuelle et unir de larges couches de la jeunesse et des travailleurs.

Le déclin du capitalisme place l’humanité devant un choix : socialisme ou barbarie. La classe ouvrière a le pouvoir de renverser les capitalistes et de construire un nouveau système – si elle est dirigée par un parti avec un programme révolutionnaire. Ce parti, nous devons le construire dès aujourd’hui.

Pour un parti révolutionnaire de la classe ouvrière

Nous avons déjà accompli des étapes importantes : nous avons fondé le PCR en 2024, nous avons construit un réseau de groupes locaux dans toutes les régions de Suisse, nous publions ce journal comme outil central des communistes. Et nous faisons partie de l’Internationale Communiste Révolutionnaire avec une tradition centenaire, une base théorique marxiste solide comme le roc et un travail dans plus de 70 pays.

Bien sûr, nos forces sont encore petites et notre tâche grande. Mais notre travail de préparation rencontre la situation la plus favorable historiquement depuis de nombreuses décennies : dans la jeunesse et dans les couches les plus avancées de la classe ouvrière, une première conscience communiste est apparue. Ces milliers de révolutionnaires potentiels doivent être unis dans un parti bolchévique combatif.

De gigantesques luttes de classe nous attendent – aussi en Suisse. Notre objectif est d’organiser 100 nouveaux communistes dans le courant de l’année prochaine. Un noyau solide de révolutionnaires convaincus peut, dans la période agitée à venir, transformer le programme communiste en une force de masse dans la classe ouvrière – et surmonter la guerre et le capitalisme pour toujours.