Adam Pal, de la section pakistanaise de l’Internationale Communiste Révolutionnaire (PCR), explique dans cet extrait d’interview comment les communistes résistent à la répression de la dictature militaire au Pakistan et construisent les forces de la révolution.

Au Pakistan, le PCR compte 70 branches qui couvrent tous les districts et régions clefs. Nos camarades interviennent dans les mouvements de la classe ouvrière à travers tout le pays, en particulier dans la zone industrielle de Karachi. Au fil des années, nous avons participé à des luttes de classe dans le secteur public, auprès des travailleurs des chemins de fer et des compagnies aériennes, des employés du secteur de l’électricité, ainsi que des salariés de l’éducation et de la santé.

Nous avons joué un rôle important dans les mouvements de masse des nationalités opprimées des Pachtounes et des Baloutches, en fournissant aux militants des perspectives et des analyses. Nous avons également joué un rôle significatif dans le mouvement de masse au Azad Cachemire. Avec plusieurs grandes manifestations rassemblant des centaines de milliers de personnes, ce mouvement a remporté d’importantes victoires, dont une réduction des prix de l’électricité allant jusqu’à 90 % et une baisse de plus de 50 % du prix de la farine de blé.

La section intervient avec le journal The Communist, publié chaque mois à 2’000 exemplaires. Nous produisons également une revue théorique et des livres, dont une traduction en ourdou de La révolution permanente de Trotsky. Nos brochures traitent du matérialisme dialectique, de la lutte contre l’impérialisme, de la question des femmes, de la question nationale au Cachemire, ainsi que de l’impérialisme chinois au Pakistan.

Notre site web (communist.pk) est le seul site en ourdou proposant des analyses communistes. Notre présence sur les réseaux sociaux suscite beaucoup d’attention, et certains de nos contenus atteignent des centaines de milliers de vues. Nous avons également produit nos propres chants révolutionnaires, et certains camarades sont des poètes reconnus. La section a pour tradition d’organiser du théâtre de rue et des performances musicales parmi les travailleurs et les étudiants, ainsi que sur des stands de livres à travers tout le pays, afin de porter notre message révolutionnaire auprès d’un large public.

Les camarades au Pakistan sont confrontés à des difficultés financières pour organiser leurs activités. L’économie du pays traverse la pire crise de son histoire, et les hausses de prix ainsi que le chômage ont épuisé les économies de la majorité de la population. Malgré cela, les camarades collectent des dons auprès des étudiants et des travailleurs et poursuivent leurs activités. Nous disposons d’un bureau national à Lahore avec six révolutionnaires professionnels. Nous avons des bureaux dans dix villes. Nos finances sont le plus souvent déficitaires, mais lors des grands événements de l’année, nous collectons des dons pour équilibrer les comptes mensuels. Les camarades font régulièrement de lourds sacrifices. 

Le PCR au Pakistan a été exposé à la répression d’État à de nombreuses reprises. En 2018, plusieurs de nos principaux camarades à Karachi ont été enlevés par les autorités et lourdement torturés pendant plusieurs jours. Ils ont été frappés à coups de bâton, et l’un d’eux a également subi des décharges électriques. Leurs yeux ont été bandés jour et nuit et ils ont été interrogés sur leurs activités. Grâce à une forte campagne internationale, ils ont toutefois été libérés quelques jours après leur enlèvement.

Le mois dernier seulement, notre bureau national a été perquisitionné par les services de renseignement militaires qui ont tenté de nous forcer, sous la menace des armes, à retirer un article de notre site internet. Parfois l’armée a aussi proposé des postes avantageux ou d’autres privilèges pour acheter des camarades et sympathisants du PCR. Dans le cadre de notre travail politique dans les universités, les camarades font régulièrement face à des menaces et à des tentatives d’intimidation de la part d’organisations étudiantes d’extrême droite, fondamentalistes islamiques ou nationalistes, mais aussi de l’appareil sécuritaire de l’État : administrations universitaires, police et services de renseignement. Mais pour tous les membres du PCR, cette répression et cette chasse aux militants ne contribuent qu’à renforcer leur détermination. 

Lors de notre dernier congrès, en avril de cette année, nous comptions 752 membres et nous nous sommes fixé l’objectif d’atteindre 1’000 membres en l’espace d’un an. Ce congrès s’est tenu dans des conditions très difficiles. Mais nous sommes prêts à mener ce combat jusqu’au bout. Les idées du communisme révolutionnaire nous donnent toute la force et l’énergie nécessaires pour poursuivre notre lutte. Nous sommes conscients que ce combat dépasse le sort de quelques individus : il engage l’avenir de l’humanité et de la civilisation tout entière.

Le capitalisme est devenu une menace pour l’existence même de l’humanité, nous devons consacrer toute notre énergie à organiser nos forces pour le renverser. Nous luttons pour un avenir socialiste, libéré de la misère, de l’oppression et de l’exploitation qui avilissent aujourd’hui la classe ouvrière dans le monde entier. C’est un avenir pour lequel il vaut la peine de vivre et de mourir.

Ehsan Ali libéré ! Une victoire de la solidarité internationale !

Après trois mois de souffrance en prison, Ehsan Ali – président du Comité d’Action Awami du Gilgit-Baltistan (AAC-GB) et membre dirigeant du PCR – est libre ! Sa libération est une immense victoire de la solidarité internationale. Des milliers de personnes ont signé notre pétition, des centaines ont manifesté depuis les représentations diplomatiques du Pakistan partout dans le monde. La lutte continue : Nous devons poursuivre notre mobilisation jusqu’à ce que toutes les poursuites du régime pakistanais soient abandonnées.  

Lien vers le site : https://pakistansolidarity.org/