La manifestation contre le sommet du G7 à Évian a été un grand succès. Malgré une campagne de dénigrement et d’alarmisme qui a duré plusieurs semaines, plus de 30’000 personnes sont descendues dans la rue à Genève le 14 juin. La forte présence de la jeunesse était particulièrement frappante.
La mobilisation a atteint une ampleur comparable à celle de la grève des femmes de 2019 à Genève. Elle montre aussi à quel point la conscience politique s’est dirigée vers la gauche au cours des sept dernières années. Alors qu’en 2019, le PLR pouvait encore participer à ce type de manifestation, il se voit aujourd’hui contraint de prendre ouvertement ses distances.
Pour de nombreux manifestants, une chose est devenue claire : l’oppression, la guerre, la destruction de l’environnement et la misère sociale ne sont pas des problèmes isolés, mais sont directement liés au système capitaliste. Trump, Macron et consorts ne sont pas perçus comme faisant partie de la solution, mais comme les principaux responsables de ces problèmes.
La colère ne visait pas seulement les gangsters de l’impérialisme occidental, mais aussi l’establishment suisse. Le gouvernement genevois a d’abord tenté d’interdire la manifestation. Par la suite, tout a été mis en œuvre pour dissuader les jeunes et les travailleurs d’y participer : les transports publics ont été quasiment paralysés et la police a contrôlé systématiquement les personnes se rendant au lieu de rassemblement.
Le jour de la manifestation, plusieurs médias ont toutefois dû reconnaître que la mobilisation s’était déroulée dans l’ensemble de manière pacifique et ordonnée. Une Tesla incendiée n’a suscité la compassion de personne. La police est ensuite passée à l’offensive. La manifestation, initialement autorisée, a été déclarée illégale en fin de journée. La police a ensuite nassé de manière arbitraire plus de 500 personnes et les a retenues pendant dix heures. Parmi les personnes concernées figuraient également des individus qui travaillaient ou se baignaient à proximité et n’avaient aucun lien avec la manifestation.
Il s’agissait d’une punition collective. Le message était clair : toute personne qui proteste doit être intimidée. La répression n’a pas été déclenchée par des dégâts matériels isolés, mais relevait d’une décision politique délibérée. Après la manifestation, le département de la sécurité a déclaré avec satisfaction que « l’ordre » avait été rétabli. Mais quel ordre ? Celui de l’impérialisme suisse.
Quand on observe la dévastation du monde, on identifie rapidement qui sont les véritables « casseurs ». Ce ne sont pas les manifestants qui détruisent la planète, qui mènent des guerres ou qui plongent des millions de personnes dans la pauvreté. La responsabilité revient aux gouvernements du G7.
L’imputabilité de la répression incombe finalement à la conseillère d’État socialiste Carole-Anne Kast, qui dirige le département de la sécurité. Le lendemain de la manifestation, elle a déclaré à la télévision que « le dispositif de maintien de l’ordre a été proche de la perfection ». Le fait qu’une politicienne du PS accomplisse ainsi le sale boulot des impérialistes a suscité des appels à la démission, notamment du côté des syndicats.
La PCR a participé à la manifestation avec un bloc communiste d’environ 80 personnes avec le slogan : « Renversons l’impérialisme et les profiteurs de guerre – pour la révolution mondiale et le communisme ». Pendant la manifestation, nous avons cherché activement le discussion, présenté notre programme et discuté avec les personnes intéressées à notre stand de littérature.
En tant que communistes, nous avons trouvé de nombreuses portes largement ouvertes. La manifestation a surtout soulevé une question : que faire après le 14 juin ? Comment organiser et mener une lutte efficace contre le capitalisme, la guerre et l’oppression ?
Une jeune femme portait une pancarte indiquant « I love Trotsky ». Trois jeunes femmes sont venues directement à notre stand pour tester nos positions sur la Palestine. Une partie de la jeunesse cherche aujourd’hui, directement ou indirectement, la voie vers le communisme. Derrière elle se trouvent des milliers d’autres qui se définissent comme anticapitalistes.
Même les gaz lacrymogènes n’ont pas réussi à arrêter notre bloc. Nous avons continué sans relâche à porter nos chants politiques dans la manifestation et à vendre 220 journaux. Quarante personnes ont voulu discuter avec nous après la manifestation de la manière dont elles pourraient devenir actives au sein des communistes. La tâche consiste désormais à organiser ces forces. Un bloc communiste de 500 militants pourrait devenir un point d’attraction visible pour une partie de la jeunesse. C’est précisément vers cet objectif que nous travaillons.
Solidarité — de Sereina Weber, Genève — 13. 07. 2026
Anti-racisme — de Lars K., Saint-Gall — 10. 07. 2026
Théorie — de Silas Kolly, Olten — 08. 07. 2026
Amérique latine — de Ilja Martin, Winterthur — 06. 07. 2026
Europe — de Silvan Degen, Bâle — 03. 07. 2026