En tant que communistes, nous rejetons fermement l’initiative de l’UDC. Le plus grand parti de la bourgeoisie suisse accuse les travailleurs immigrés d’être responsables des problèmes de la classe ouvrière, il détourne l’attention de l’échec du capitalisme en divisant selon la nationalité. Aucun travailleur n’y gagne – seuls les patrons de l’UDC et les capitalistes en profitent.
Mais l’UDC s’empare de problèmes et d’un mécontentement réel. Celui qui ne le comprend pas et n’y répond pas n’a aucune chance dans la lutte contre la démagogie de droite.
L’UDC affirme que la pénurie de logements, la hausse des loyers, la surcharge des transports publics, la crise du système de santé, la baisse de la qualité de l’éducation et des salaires seraient les conséquences de l’immigration.
Elle parle ainsi de réels problèmes de la classe ouvrière. Dans les familles dominent les préoccupations financières (Baromètre des familles 2026) : primes d’assurance-maladie, inflation, coûts de la santé et du logement. 76 % des familles s’attendent à une détérioration dans les trois prochaines années. Les raisons les plus fréquentes du soutien à l’initiative de l’UDC sont le coût de la vie (santé et loyers).
Parallèlement, le mécontentement envers les riches et les institutions grandit. Moins d’un tiers des sondés pense que le Conseil fédéral représente la société plutôt que les grandes entreprises et les banques. La perte de confiance est particulièrement forte parmi les électeurs de l’UDC.
L’UDC capte ce mécontentement réel et le dirige contre les étrangers.
La réponse du mouvement ouvrier doit être claire : les capitalistes sont le problème, pas les étrangers !
Ce ne sont pas les migrants qui causent la pénurie de logements, mais les capitalistes de l’immobilier. Ce ne sont pas les étrangers qui menacent le système de santé, mais la quête de profit de l’industrie pharmaceutique, des caisses maladie et les politiques d’austérité.
L’UDC calcule : 100’000 habitants supplémentaires nécessiteraient 53’474 logements, 780 enseignants du primaire, 75 nouveaux bus de transports publics, 2’073 soignants et 420 lits d’hôpital. La vérité est que la classe ouvrière a déjà besoin de bien plus aujourd’hui ! Pour un système de santé et d’éducation digne, il faudrait aujourd’hui deux fois plus de soignants et d’enseignants.
Pour cela, il existe largement assez de richesse. Mais elle est contrôlée par une poignée de capitalistes. Les 300 familles les plus riches de Suisse possèdent à elles seules une fortune de plus de 800 milliards. Les multinationales, les banques, les capitalistes – ils contrôlent toute la richesse sociale créée par la classe ouvrière.
L’UDC parle de « pression démographique ». Nous répondons : il existe effectivement un groupe de personnes superflu – chaque capitaliste est un de trop ! Tout est là pour que tous les travailleurs, avec ou sans passeport suisse, puissent vivre dignement.
Mais les capitalistes n’abandonneront pas volontairement leur richesse et leur domination. À la lutte de classe menée d’en haut, il faut opposer la lutte de classe d’en bas. Si la classe ouvrière s’unit et s’organise au-delà des lignes de division, elle peut repousser les attaques des capitalistes, mettre la richesse sociale sous contrôle démocratique et commencer à planifier la société selon les besoins, et non selon le profit.
Depuis des décennies, l’UDC peut se présenter comme « l’opposition » et « le parti des petites gens » – uniquement parce que le PS et les syndicats n’offrent aucune opposition de classe.
Aujourd’hui encore, ils mènent le « combat » contre l’initiative aux côtés des grandes organisations patronales et du parti des capitalistes, le PLR. Ils se présentent comme des défenseurs raisonnables du statu quo face au chaos de l’UDC. Conséquence : que l’initiative gagne ou non – l’UDC gagne politiquement et apparaît comme opposition face à une élite politique et économique liguée contre elle.
Le débat rappelle la campagne électorale américaine de 2024. « Make America Great Again » de Trump contre « l’Amérique est déjà great » de Kamala Harris. Des millions de travailleurs – écrasés par l’effondrement des conditions de vie et les guerres de l’impérialisme américain – se sont tournés vers Trump avec dégoût.
Situation similaire ici : l’UDC dit « rendons la Suisse à nouveau vivable ». Le PLR, le PS et les syndicats rétorquent « la Suisse est déjà vivable grâce à l’UE et à l’immigration, l’initiative de l’UDC, elle, apporterait le chaos ». Ici aussi, de nombreux travailleurs sont écœurés par cette négation des problèmes sociaux.
C’est pourquoi il faut un parti avec un programme conséquent pour la classe ouvrière contre la crise du capitalisme et contre l’ensemble du système. Tu veux lutter contre l’UDC et tout l’establishment ? Alors construis dès maintenant le PCR !
Le conseiller national UDC Thomas Matter affirme que les étrangers menacent les salaires, alors que lui-même est propriétaire d’une banque avec une fortune de 150 millions. C’est encore peu comparé à celle du clan Blocher, environ 15 milliards. Ces parasites, dont la fortune est produite par les travailleurs, se soucient-ils de nos salaires ?!
L’UDC est depuis près de 30 ans le plus grand parti de Suisse, et donc le principal responsable de la dégradation des conditions de vie et des politiques d’austérité. Elle est le bélier de la bourgeoisie : lorsque les gouvernements fédéraux et cantonaux adoptent des paquets d’austérité, l’UDC vote régulièrement contre – parce qu’ils ne vont pas assez loin dans les coupes.
L’UDC, les Matter et les Blocher – ils SONT l’establishment. Il ne peuvent maintenir leur façade anti-establishment que parce qu’il n’existe aucune véritable opposition ouvrière qui place la lutte contre les capitalistes au centre.
xxxAllgemein [FR]xxx — de Caspar Oertli, rédaction — 29. 04. 2026
Amérique du nord — de John Peterson, Communists of America — 18. 04. 2026