Depuis octobre 2025, la fonction publique genevoise est en lutte contre plusieurs attaques austéritaires de la part du gouvernement. Après 9 manifestations et 7 journées de grèves, il est l’heure de faire un bilan de cette mobilisation et de préparer la suite.
Le conseil d’Etat genevois mène depuis de nombreuses années une politique d’austérité, en attaquant les services publics et les couches les plus vulnérables de la société. Après des vagues de baisses d’impôts pour les plus riches, une austérité brutale est imposée dans l’éducation, le social, la santé et la liste des coupes ne fait que s’allonger. Le gouvernement des capitalistes se prépare à la guerre de classe ; comme la conseillère d’État Nathalie Fontanet l’a exprimé le 7 mai à propos du futur plan d’austérité : « On ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs ».
Après plusieurs demi-journées de grève sans résultat, il est devenu évident pour les travailleurs de la fonction publique que le conseil d’Etat ne reculerait pas sans une lutte véritablement massive et radicale. Comme lors de la lutte du canton de Vaud, les travailleurs sur le terrain concluent par leur expérience que la grève ne doit pas se limiter à une action symbolique mais que son but doit être de paralyser la société. Cette année, on assiste à une escalade et à un durcissement de la lutte, culminant en 3 jours de grèves les 2, 3 et 4 juin. C’est dans cette dynamique que la reconductibilité de la grève commence à s’imposer dans le mouvement. Il s’agit de la réponse parfaitement appropriée face à l’offensive du gouvernement et elle doit être encouragée et poussée en avant.
Pourtant, jusqu’ici, le dernier mouvement n’a obtenu que des concessions mineures. Se pose légitimement la question : qu’est ce qui serait nécessaire pour remporter la lutte ?
La première étape consiste à comprendre la période dans laquelle nous nous trouvons. Les intentions du Conseil d’Etat sont connues, il ne s’agit que des prémisses d’attaques beaucoup plus violentes déjà en préparation. L’austérité n’est pas un accident mais résulte du modèle-même du capitalisme genevois. Nous savons pour qui travaillent Mme. Fontanet et consorts : les multinationales, les entreprises de négoces de matières premières et les organisations gouvernementales comme le G7 et l’OMC : en somme, la crème du parasitisme mondial. Non content de n’avoir aucune utilité sociale, leur profitabilité ne provient que du pillage, du chantage et de la spéculation la plus honteuse. Répondre à leurs exigences signifie les protéger de la concurrence internationale et les dissuader d’aller s’installer ailleurs. Cela se traduit par des baisses d’impôts continues, des conditions de profits maximales, mais certainement pas des investissements dans les services publics. L’austérité continuelle ne résulte donc ni d’une erreur de calcul, ni d’un choix idéologique ; mais de la raison d’existence même du conseil d’État. Ces constats doivent être au cœur de la lutte.
Pour repousser durablement l’austérité et exiger les investissements nécessaires dans les services publics, rien ne sert de demander gentiment au gouvernement, il faut lui tordre le bras. Cela impliquerait de paralyser le canton au cours d’une grève illimitée de masse, démontrant la force de la classe ouvrière. Si l’administration était bloquée, les écoles fermées, les transports paralysés, le Conseil d’Etat serait obligé de céder.
Évidemment, une telle grève ne se construit pas du jour au lendemain. Mais, plutôt que de suivre sagement l’agenda des budgets austéritaires successifs, nous devons nous doter dès maintenant d’un plan de long terme pour établir le rapport de force qui forcera le gouvernement à plier. La clarté sur les perspectives de l’austérité et sur le caractère de classe de l’État doivent être au centre de ce plan. Les différentes étapes de la lutte, comme l’ancrage de la grève, la préparation des différents lieux, certaines grèves pour tester la force du mouvement, tout cela devrait être lié à l’objectif final de paralyser le canton.
Un tel plan, discuté largement dans les assemblées du personnel et sur les lieux de travail, permettrait la participation active des milliers de grévistes, en leur donnant confiance en leur propre force et en leur montrant leur rôle dans le succès de la grève. Seule une stratégie de long terme, qui s’inscrit dans une compréhension politique de la période et répond aux questions les plus importantes, permettra à la lutte de développer son plein potentiel.
Voilà comment les communistes posent les tâches du mouvement. Des mesures de luttes sont déjà en préparation pour la rentrée scolaire, et nous participerons férocement aux développements futurs pour pousser la lutte vers la victoire.
Syndicats — de Ivan Lampert, gréviste de la fonction publique — 16. 07. 2026
Solidarité — de Sereina Weber, Genève — 13. 07. 2026
Anti-racisme — de Lars K., Saint-Gall — 10. 07. 2026
Théorie — de Silas Kolly, Olten — 08. 07. 2026
Amérique latine — de Ilja Martin, Winterthur — 06. 07. 2026